25-05-20

Q&R - Quelles précautions prendre contre le nouveau coronavirus ?

L’ombre du nouveau coronavirus plane sur le monde. Mais qu’est-ce qu’exactement corona, quels sont ses symptômes et quelles précautions pouvez-vous prendre ?
 

Que sont les coronavirus ?

Les coronavirus sont un grand groupe de virus pouvant causer différents troubles des voies respiratoires. Jusque récemment, seuls six des coronavirus, parmi lesquels celui du SRAS et MERS, étaient connus pour infecter l’homme, en plus des animaux. Ce nouveau virus serait donc le septième.

Les coronavirus causent des zoonoses : ils touchent les animaux, mais peuvent se propager chez l’être humain. Ce sont très probablement des civettes qui ont propagé le SRAS, tandis que pour le MERS il s’agissait de chameaux. L’animal servant de vecteur de propagation du nouveau coronavirus Covid-19 n’a pas encore été identifié. Le virus est apparu pour la première fois en Chine, probablement dans un marché alimentaire de Wuhan (une ville de 11 millions d’habitants dans la province chinoise du Hubei).
 

Comment éviter que vos collaborateurs soient contaminés ?

1- Quels sont les symptômes ?

D’après une étude menée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la toux et une forte fièvre sont les symptômes les plus fréquents du COVID-19. Viennent ensuite la fatigue, le crachat de glaire et l’essoufflement.

Une pneumonie peut se déclarer chez les personnes en moins bonne santé. Pour l’instant, les personnes décédées du nouveau coronavirus sont principalement des personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques (p. ex. troubles des voies respiratoires, maladies cardiovasculaires et diabètes).

Les symptômes du COVID-19 sont très similaires à ceux d’une simple grippe, et en moindre mesure à ceux d’un refroidissement.

Consultez votre médecin traitant si vous :

1/ présentez l’un des symptômes suivants de manière aiguë, sans autre cause manifeste :

  • toux sèche
  • problèmes respiratoires
  • douleurs à la poitrine
  • perte aiguë du goût ou de l’odorat

2/ présentez au moins deux des symptômes suivants sans autre cause manifeste :

  • fièvre
  • douleurs musculaires
  • fatigue
  • nez qui coule
  • maux de gorge
  • maux de tête
  • perte de l’appétit

Attention : cette liste de symptômes n’est pas exhaustive.


Comment distinguer rhume des foins et coronavirus ?
Le printemps marque également le début de la saison pollinique. Environ 1 Belge sur 4 souffre dans une certaine mesure du rhume des foins. Voici les symptômes : nez bouché ou qui coule, éternuements et démangeaisons du nez et/ou des yeux. Ils ressemblent beaucoup à ceux du COVID-19.

Mais une infection au coronavirus s'accompagne également d'une (forte) fièvre et souvent aussi d'une perte de l'odorat et du goût et d'une altération de l’état général. Si vous présentez également ces symptômes, veuillez prendre contact avec votre médecin.



2- Quelles précautions les travailleurs peuvent-ils prendre pour éviter la contamination ?

Suivez les recommandations générales sur le lieu de travail :

Vous trouverez dans nos guides de redémarrage des mesures spécifiques à votre secteur pour permettre à vos travailleurs de reprendre le travail en toute sécurité.

Les masques buccaux font partie de la stratégie de déconfinement. S’il est important de les porter lorsque cela est nécessaire, il convient avant tout de continuer à respecter la hiérarchie des mesures de prévention. Concrètement : si la première mesure de la hiérarchie ne peut pas être respectée, il faut appliquer la mesure du niveau inférieur, et ainsi de suite.

Hiérarchie des mesures de prévention

  1. Restez chez vous, surtout si vous êtes malade.
  2. Privilégiez le télétravail si votre fonction l’autorise.
  3. Lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon.
  4. Maintenez une distance d’au moins 1,5 mètre, à l’intérieur comme à l’extérieur.
  5. Portez un masque buccal dans les transports en commun et endroits publics très fréquentés.
  6. Limitez vos contacts sociaux physiques.

Le port d’un masque buccal ne vous protège pas d’une éventuelle contamination, mais il évite que vous propagiez vous-même les germes. Les professionnels de la santé ayant des contacts rapprochés avec des patients covid-19 doivent utiliser un masque facial spécifique, de préférence de la catégorie FFP2 ou FFP3.​



3- En tant qu'employeur, êtes-vous autorisé à mesurer la température de vos employés ?
L’Autorité de Protection des Données (APD) a récemment indiqué que la simple prise de la température corporelle ne constituait pas un traitement de données à caractère personnel. En tant qu’employeur, vous pouvez donc prendre la température de vos travailleurs, mais vous ne pouvez pas enregistrer ni traiter ces données à caractère personnel. Le traitement dans un fichier des données à caractère personnel mesurées lors de la prise de température est donc interdit. L’article 4.4 du RGPD s’applique dans le cas d’un traitement numérique, ce qui est le cas si une caméra thermique mesure automatiquement (numériquement) la température épidermique de la personne. L’APD reconnaît que le risque pour la vie privée dans cette situation exceptionnelle doit tenir compte du contexte social actuel.

Le SPF ETCS (Emploi, Travail et Concertation sociale) a également émis un avis. Cet avis part du principe que la contamination d’un travailleur par le coronavirus est une situation qui peut affecter la santé des autres travailleurs, ce qui autorise l’employeur à prendre certaines mesures dans le respect des limites légales. L’une de ces mesures est le contrôle de la température, car la fièvre est l’un des symptômes de l’infection par le coronavirus. Les experts ont étudié les différentes législations et sont arrivés à la conclusion suivante : le flou juridique ne permet pas de savoir si la mesure de la température d’un travailleur doit être considérée comme un acte médical. Il est important de savoir si ces tests peuvent être effectués par l’employeur lui-même ou s’ils sont réservés à des médecins (loi Mahoux).

Le SPF ETCS s’interroge également sur la fiabilité d’une telle mesure de la température. La température corporelle peut en effet être influencée par l’effort physique ou être abaissée par la prise de certains médicaments.

Leur conclusion est la suivante : la mesure de la température des travailleurs ne semble pas être la mesure de prévention la plus appropriée et la plus réaliste pouvant être appliquée dans l’entreprise pour limiter la propagation du coronavirus.

Les experts rappellent les principales mesures de prévention : garantir la propreté et l’hygiène du lieu de travail par une désinfection régulière, veiller à ce que les travailleurs appliquent une bonne hygiène des mains et des voies respiratoires sur le lieu de travail, informer les travailleurs qu’il est préférable de ne pas venir au travail en cas de symptômes, privilégier le télétravail lorsque cela est possible, et donner des instructions au cas où une personne tomberait malade et serait éventuellement infectée par le coronavirus.

Toute décision visant à introduire des tests de dépistage dans l’entreprise doit être incluse dans le règlement du travail via la procédure habituelle, dans le respect de toutes les modalités prévues. Les règlements de travail sont élaborés sur la base d’une concertation entre l’employeur et les travailleurs.



4- Pouvez-vous envoyer des travailleurs malades chez le médecin du travail ?
Non. Ce n’est pas le rôle du médecin du travail d’examiner si un travailleur est contaminé. Le ministère de la Santé confie explicitement cette tâche au médecin traitant et, en deuxième ligne, aux hôpitaux. La bonne procédure consiste à demander aux collaborateurs malades de contacter leur médecin traitant. S’ils présentent des symptômes d’une contamination par le COVID-19 (fièvre, toux, etc.), ils doivent consulter un médecin par téléphone. Se rendre dans une salle d’attente peut propager la contamination.

Les médecins du travail surveillent les risques liés au travail et contribuent à les prévenir. Dans le contexte du coronavirus, ils jouent un rôle préventif et consultatif important. Ils aident les employeurs à prendre les mesures appropriées sur le lieu de travail pour éviter toute contamination. Ils les guident également concernant d’autres questions liées au travail en rapport avec le virus.
 

Votre organisation peut-elle maintenir ses activités ?

1- Un collaborateur n’a pas la possibilité ou n’est pas autorisé à venir travailler à cause du risque, que dit la loi sur le travail ?
Si un collaborateur est infecté, il est considéré en incapacité de travail et les règles normales relatives à l’absence pour maladie s’appliquent. Le travailleur peut se tourner vers son assurance maladie et a droit à un salaire garanti.

Différents groupes de voyageurs peuvent être mis en quarantaine dans un hôtel ou sur un bateau de croisière parce qu’un voyageur est infecté par le coronavirus. L’un de vos collaborateurs est bloqué en vacances ou en voyage d’affaires ? Il s’agit alors d’une absence (justifiée) pour cas de force majeure, qu’il soit ouvrier ou employé. Le collaborateur n’a en principe pas droit à sa rémunération, mais vous pouvez demander l’application d’un régime de chômage temporaire.



2- Comment prévenir, en tant qu’employeur, l’impact potentiel sur votre entreprise d’une nouvelle propagation du virus ?
Pour vous préparer à faire face à une épidémie – ou à toute autre menace – vous pouvez établir un plan de continuité des activités. Ce plan consiste à dresser la liste des actions et communications éventuelles qui vous permettent de maintenir la prestation de vos services et de protéger la santé de vos collaborateurs.


3Devez-vous prendre des mesures supplémentaires dans le secteur de la construction ?
Les mesures de précaution générales s'appliquent bien entendu aussi sur les chantiers de construction. En outre, en tant qu'employeur, vous pouvez prendre quelques mesures supplémentaires et prévoir des directives afin de limiter les risques au minimum.

Vous trouverez ici nos conseils pour le secteur de la construction.



4- Quelles mesures devez-vous prendre pour lutter contre le coronavirus sur le lieu de travail ?
Tout le monde ne peut pas télétravailler durant la crise du coronavirus. Mais dans ce cas, comment garantir aux collaborateurs un environnement de travail sûr ?

Dans cet article, nous vous proposons une série de conseils utiles ainsi que la check-list utilisée par les autorités pour effectuer les inspections.

Consultez nos guides de redémarrage spécifiques à chaque secteur. Vous y trouverez un aperçu complet des mesures recommandées pour votre organisation.



5- Comment traiter les déchets (médicaux) (par ex. dans les maisons de repos, cabinets médicaux, centres de triage) ?
Un certain nombre de déchets provenant du traitement de patients (suspectés) positifs au Covid-19 font partie des déchets non dangereux :

  • équipements de protection individuelle non souillés tels que les gants, masques, blouses et calots ;
  • restes de nourriture ;
  • rideaux jetables ;
  • papier et carton (y compris les journaux et magazines de patients) ;
  • emballages ;
  • matériel d'incontinence ;
  • poches d'urine vides.

Vous pouvez les faire collecter avec les déchets d'entreprise mélangés. Les petites quantités peuvent même aller avec les ordures ménagères collectées au niveau communal.

Si vous faites collecter les déchets dans un conteneur, mettez-les d'abord dans un sac. Celui-ci doit être complètement fermé : aucune ouverture dans le sac et aucun déchet qui dépasse.

Les autres déchets doivent d'abord être conservés séparément pendant 72 heures dans des poubelles ou autres bacs à déchets. Vous pouvez ensuite les collecter, les évacuer et les traiter comme des déchets non dangereux. Concrètement, cela concerne le linge et le matériel de soins jetables tels que les bandages, les tissus et les alèses, qui peuvent être souillés par du sang et/ou d'autres fluides corporels (en petite quantité).

Il est difficile d'organiser une telle quarantaine pendant 72 heures ? Si c'est le cas, faites en sorte que le matériel soit éliminé comme un déchet médical à haut risque dans des tonneaux jaunes ou d'autres récipients approuvés. 

(Ces lignes directrices ont été élaborées par le service public flamand OVAM, mais les mêmes principes s'appliquent également en Wallonie).
 

Quelle est la situation en Belgique ?

1- Les colis postaux provenant de régions critiques sont-ils dangereux ?
Les personnes travaillant dans une entreprise de colis ou ayant commandé un colis en Chine n’ont rien à craindre. Les coronavirus ne peuvent survivre que dans le corps humain ou animal.

Les recherches ont montré que les coronavirus tels que le SRAS et le MERS peuvent survivre 4 à 5 jours sur des surfaces. Plus la surface est poreuse, moins ils survivent. Cela signifie qu'ils peuvent à peine survivre sur du carton. Comme les colis passent par différents environnements avant d'être livrés, le virus a moins de chances de survivre.

L'industrie aéronautique, qui applique des règles très strictes pour le fret aérien, indique qu'il n'y a aucune preuve que le coronavirus puisse être transféré au fret. Cela signifie que la contamination ne peut pas se propager via le fret.
 



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