31-03-20

Q&R - Quelles précautions prendre contre le nouveau coronavirus ?

L’ombre du nouveau coronavirus plane sur le monde. Mais qu’est-ce qu’exactement corona, quels sont ses symptômes et quelles précautions pouvez-vous prendre ? Et qu’en est-il des voyages (d’affaires) en Chine ou dans d’autres pays où le virus est apparu ?​
 

Que sont les coronavirus ?

Les coronavirus sont un grand groupe de virus pouvant causer différents troubles des voies respiratoires. Jusque récemment, seuls six des coronavirus, parmi lesquels celui du SRAS et MERS, étaient connus pour infecter l’homme, en plus des animaux. Ce nouveau virus serait donc le septième.

Les coronavirus causent des zoonoses : ils touchent les animaux, mais peuvent se propager chez l’être humain. Ce sont très probablement des civettes qui ont propagé le SRAS, tandis que pour le MERS il s’agissait de chameaux. L’animal servant de vecteur de propagation du nouveau coronavirus Covid-19 n’a pas encore été identifié. Le virus est apparu pour la première fois en Chine, probablement dans un marché alimentaire de Wuhan (une ville de 11 millions d’habitants dans la province chinoise du Hubei).
 

Comment éviter que vos collaborateurs soient contaminés ?

1- Quels sont les symptômes ?
D'après une étude menée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la toux et une forte fièvre sont les symptômes les plus fréquents du COVID-19. Viennent ensuite la fatigue, le crachat de glaire et l'essoufflement.

Environ 80 % des patients infectés par le coronavirus et examinés ont développé des symptômes légers dans les 5 à 6 jours après la contamination. L'OMS suppose donc que les patients asymptomatiques sont très rares.

Une pneumonie peut se déclarer chez les personnes en moins bonne santé. Pour l’instant, les personnes décédées du nouveau coronavirus sont principalement des personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques (p.ex. troubles des voies respiratoires, maladies cardiovasculaires et diabètes).

Symptômes les plus courants (liste non exhaustive) chez les 56 000 patients infectés par le coronavirus et examinés :

  • fièvre (88 %)
  • toux sèche (68 %)
  • fatigue (38 %)
  • crachat de glaire (33 %)
  • essoufflement (19 %)
  • maux de gorge ou tête, douleurs musculaires (14 %)
  • nez bouché (5 %)
  • diarrhée (4 %)
  • crachat de sang (1 %)

Les symptômes du COVID-19 sont très similaires à ceux d'une simple grippe, et en moindre mesure à ceux d'un refroidissement.


2- Quelles précautions les travailleurs peuvent-ils prendre pour éviter la contamination ?
Vous et vos collaborateurs devriez prendre les mêmes précautions que pour la grippe :

Restez chez vous si vous êtes malade et si vous avez été ou avez pu être en contact avec le virus. Demandez conseil à votre médecin traitant. Pour éviter de contaminer d’autres personnes, évitez de vous rendre dans la salle d’attente de votre médecin traitant.

Téléchargez le poster « Quelles précautions pouvez-vous prendre contre le coronavirus ? »
Téléchargez le poster « Ces mesures contribueront à prévenir la propagation des rhumes, de la grippe et d'autres infections respiratoires. »

Les masques faciaux sont bien moins efficaces que les mesures décrites ci-dessus. Les professionnels de la santé doivent utiliser un masque facial spécifique, de préférence de la catégorie FFP3.


3- En tant qu'employeur, êtes-vous autorisé à mesurer la température de vos employés ?
La mesure de la température par les employeurs n'est pas autorisée pour des raisons de confidentialité. L'employeur peut seulement demander si un(e) employé(e) a des problèmes de santé. Celui-ci/celle-ci n'est toutefois pas obligé(e) de lui répondre.


4- Pouvez-vous envoyer des travailleurs malades chez le médecin du travail ?
Non. Ce n’est pas le rôle du médecin du travail d’examiner si un travailleur est contaminé. Le ministère de la Santé confie explicitement cette tâche au médecin traitant et, en deuxième ligne, aux hôpitaux. La bonne procédure consiste à demander aux collaborateurs malades de contacter leur médecin traitant. S’ils présentent des symptômes d’une contamination par le COVID-19 (fièvre, toux, etc.), ils doivent consulter un médecin par téléphone. Se rendre dans une salle d’attente peut propager la contamination.

Les médecins du travail surveillent les risques liés au travail et contribuent à les prévenir. Dans le contexte du coronavirus, ils jouent un rôle préventif et consultatif important. Ils aident les employeurs à prendre les mesures appropriées sur le lieu de travail pour éviter toute contamination. Ils les guident également concernant d’autres questions liées au travail en rapport avec le virus.
 

Votre organisation peut-elle maintenir ses activités ?

1- Un collaborateur n’a pas la possibilité ou n’est pas autorisé à venir travailler à cause du risque, que dit la loi sur le travail ?
Si un collaborateur est infecté, il est considéré en incapacité de travail et les règles normales relatives à l’absence pour maladie s’appliquent. Le travailleur peut se tourner vers son assurance maladie et a droit à un salaire garanti.

Différents groupes de voyageurs peuvent être mis en quarantaine dans un hôtel ou sur un bateau de croisière parce qu’un voyageur est infecté par le coronavirus. L’un de vos collaborateurs est bloqué en vacances ou en voyage d’affaires ? Il s’agit alors d’une absence (justifiée) pour cas de force majeure, qu’il soit ouvrier ou employé. Le collaborateur n’a en principe pas droit à sa rémunération, mais vous pouvez demander l’application d’un régime de chômage temporaire.


2- Pouvez-vous imposer à vos travailleurs de retour d’un voyage à l’étranger de rester chez eux ?
Non. Les soupçons de contamination ne suffisent pas pour obliger un travailleur à rester à la maison. Vous pouvez vérifier avec votre travailleur si le télétravail est envisageable, mais celui-ci doit être d’accord. S’il ne l’est pas et que vous lui interdisez quand même de se rendre au travail, vous devrez continuer à lui octroyer une rémunération normale. Un travailleur ne peut pas être obligé de prendre congé.

Vous trouverez toutes les informations sur les situations de droit du travail sur le site du SPF Emploi.


3- Comment prévenir, en tant qu’employeur, l’impact potentiel sur votre entreprise d’une nouvelle propagation du virus ?
Pour vous préparer à faire face à une épidémie – ou à toute autre menace – vous pouvez établir un plan de continuité des activités. Ce plan consiste à dresser la liste des actions et communications éventuelles qui vous permettent de maintenir la prestation de vos services et de protéger la santé de vos collaborateurs.


4- Devez-vous prendre des mesures supplémentaires dans le secteur de la construction ?
Les mesures de précaution générales s'appliquent bien entendu aussi sur les chantiers de construction. En outre, en tant qu'employeur, vous pouvez prendre quelques mesures supplémentaires et prévoir des directives afin de limiter les risques au minimum.

Vous trouverez ici nos conseils pour le secteur de la construction.
 

Quelle est la situation en Belgique ?

1- Doit-on s’inquiéter ?
Les autorités belges suivent de près la situation. Ainsi, elles évaluent en permanence les risques potentiels pour notre pays.

La Belgique se trouve actuellement en phase 2 « renforcée ». Les mesures en vigueur visent à éviter au maximum les rassemblements, l’objectif étant de réduire le risque de contact entre une personne potentiellement infectée et des personnes en bonne santé (« distanciation sociale »). Des mesures supplémentaires sont en place pour protéger les personnes âgées.

D’autres groupes à risques, comme les personnes souffrant de maladies chroniques graves ou ayant une immunité réduite, doivent faire preuve d’une grande prudence. En effet, une contamination par le coronavirus peut leur être fatale.

Des procédures élaborées par un groupe d’experts belges ont été envoyées à tous nos médecins généralistes et hôpitaux, afin qu’ils soient en mesure d’identifier rapidement un patient potentiellement infecté par le coronavirus et d’entreprendre les actions qui s’imposent. Le défi majeur à l’heure actuelle consiste à ralentir la progression de l’épidémie afin d’éviter une trop forte pression sur les soins de santé.

Si l’on compare le taux de mortalité par rapport à celui de la grippe annuelle classique et des « simples » pneumonies, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

A l’échelle mondiale, la simple grippe cause 250 000 à 500 000 décès par an. En Belgique, 1 200 personnes en sont mortes en 2018. En Chine, environ 300 000 personnes meurent chaque année d’une « simple » pneumonie.


2- Pourquoi notre pays ne prend-il pas les mêmes mesures que certains autres ?
La confusion relative aux bonnes pratiques à adopter ou non actuellement est due aux différentes phases dans lesquelles se trouvent certains pays spécifiques. Nombreux sont ceux qui ont du mal à comprendre pourquoi d’autres mesures sont prises à l’étranger que dans notre pays.

Cela dépend de la phase du plan d’urgence dans laquelle nous nous trouvons.

Sur la base des données épidémiologiques et scientifiques, le risque pour la population est analysé et des mesures sont prises pour protéger la santé publique.

Cela se traduit pour une approche par phases :

  • Lors de la phase 1 (pas de contamination de la population), l’objectif est d’éviter la survenance du virus.
  • La phase 2 entre en vigueur dès qu’une contamination de la population est observée, des efforts pour maintenir le virus sous contrôle et l’endiguer étant alors entrepris. Toute personne contaminée est identifiée et isolée.
  • La phase 3 correspond à une situation lors de laquelle la propagation du virus ne peut plus être contenue. Identifier les malades perd alors tout intérêt, les contaminations étant trop nombreuses et leur nombre augmentant trop rapidement. Au cours de cette phase, l’accent est mis sur les soins médicaux.

Des procédures ont été établies pour empêcher une nouvelle escalade. Des pays comme l'Espagne et l’Italie connaissent actuellement une épidémie telle que la priorité n’est plus de détecter les nouveaux cas, mais de fournir des soins médicaux.


3- Les colis posteaux provenant de régions critiques sont-ils dangereux ?
Les personnes travaillant dans une entreprise de colis ou ayant commandé un colis en Chine n’ont rien à craindre. Les coronavirus ne peuvent survivre que dans le corps humain ou animal.

Les recherches ont montré que les coronavirus tels que le SRAS et le MERS peuvent survivre 4 à 5 jours sur des surfaces. Plus la surface est poreuse, moins ils survivent. Cela signifie qu'ils peuvent à peine survivre sur du carton. Comme les colis passent par différents environnements avant d'être livrés, le virus a moins de chances de survivre.

L'industrie aéronautique, qui applique des règles très strictes pour le fret aérien, indique qu'il n'y a aucune preuve que le coronavirus puisse être transféré au fret. Cela signifie que la contamination ne peut pas se propager via le fret.
 



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