Travailleur en incapacité de longue durée de retour au travail : via un trajet de réintégration (in)formel et un examen de reprise du travail ?

    En tant qu'employeur, vous n'êtes pas tenu de démarrer automatiquement un parcours de réintégration pour les travailleurs malades de longue durée. D'autres pistes sont souvent possibles pour réintégrer un collaborateur en incapacité de travail de longue durée.

    Le fil conducteur de la réintégration est le maintien du contact avec le travailleur en incapacité de longue durée. Dans un premier temps, il est indispensable de maintenir des contacts réguliers avec le collaborateur en question. C'est surtout durant les six premiers mois de l'absence qu’un maintien du contact est capital pour favoriser un retour réussi au travail.

    Ces contacts vous permettront de suivre, en tant qu'employeur, l'évolution de la santé du travailleur en incapacité de travail. Ce moment de contact ne peut en aucun cas constituer un contrôle du motif de l’incapacité de travail. Si votre travailleur indique que son état de santé évolue positivement mais qu’il n’est pas encore rétabli à 100 %, il est utile d’examiner si une adaptation du travail est envisageable.

    Les différentes possibilités d’examens par le médecin du travail

    Visite de pré-reprise du travail

    Si votre travailleur est ouvert à une reprise du travail, vous pouvez, en tant qu’employeur, lui rappeler lors d’un contact qu’il a droit à une visite de pré-reprise du travail. Le médecin du travail examinera si le travailleur concerné peut exercer le travail prévu (moyennant éventuellement certaines adaptations).

    L’avantage d'une réside dans le fait qu'il a lieu durant la période de maladie. Vous disposez ainsi de temps pour procéder à d'éventuelles adaptations sur le lieu de travail, avant que le travailleur reprenne effectivement sa tâche. Les recommandations émises lors d’un examen de pré-reprise ne sont pas contraignantes.

    Démarrer un trajet de réintégration

    Tant vous que votre travailleur pouvez, dès le premier jour d’absence, entamer un trajet formel de , moyennant l’accord du travailleur ou si celui-ci est en incapacité de travail depuis au moins 8 semaines et a reçu une estimation positive de son potentiel de travail.

    Estimation du potentiel de travail 

    consiste à apprécier la capacité présumée d’un travailleur en incapacité de travail à effectuer un travail adapté ou un autre travail. Cette estimation se base sur des informations relatives tant à l’état de santé qu’aux possibilités du travailleur. L’objectif de cette estimation est de déterminer si une forme de réintégration est possible. Cette étape peut être considérée comme un « triage » préalable. L’estimation repose sur un questionnaire scientifiquement validé rempli par le travailleur (éventuellement accompagné d’un contact téléphonique avec le personnel infirmier). L'estimation du potentiel de travail est demandée par l’employeur pour tous les travailleurs en incapacité de travail depuis plus de 8 semaines. Le résultat est communiqué tant à l’employeur qu’au travailleur. Si l’estimation du potentiel de travail est positive, l’employeur peut alors démarrer un trajet de réintégration informel ou formel. Les employeurs occupant 20 travailleurs ou plus sont en outre tenus, dans ce cas, de démarrer un trajet de réintégration au plus tard dans les 6 mois suivant le début de l’incapacité de travail. En cas de non-respect de cette obligation, des sanctions peuvent être appliquées.

    Examen de reprise du travail

    Votre travailleur est sur le point de reprendre le travail de manière anticipée ? L'examen de reprise est toujours obligatoire pour les travailleurs soumis à la surveillance médicale et absents depuis minimum quatre semaines en raison d'une maladie ou d'un accident. Il peut avoir lieu pour une absence de moins de 4 semaines si le médecin du travail le juge pertinent. Cet examen n’est pas possible pour les travailleurs non-soumis. 

    Le médecin du travail examine les possibilités de reprise du travail et émet un avis.

    doit avoir lieu dans les 10 jours ouvrables suivant le jour de la reprise du travail. Pour toute décision d’inaptitude temporaire ou définitive, un plan de réintégration (ou un rapport motivé) doit être rédigé conformément à la législation sur la réintégration.