Faire face à la baisse de motivation au travail

    Plus d’un travailleur sur six dans notre pays (16,3 %) déclare se sentir peu ou pas motivé au travail. Cela représente une augmentation d’environ 6 % par rapport à il y a trois ans. On observe (encore) les meilleurs résultats chez les travailleurs plus âgés : 84,6 % des plus de 60 ans sont motivés au travail. Ce chiffre est plus faible chez les 20-29 ans (81,2 %). La bonne nouvelle ? Vous pouvez changer la donne !

    De plus en plus de travailleurs déclarent être peu ou pas motivés au travail. Cette tendance s’est nettement accélérée au cours des trois dernières années. Alors qu’en 2023, 15,4 % des travailleurs belges déclaraient être peu ou pas motivés au travail, cette proportion est passée à 16,3 % fin 2025.

    C’est ce qui ressort du baromètre de la motivation de Mensura, qui a analysé les données d’environ 80 000 travailleurs dans notre pays.

    Moins de motivation, plus d’absentéisme

    Julie Daenen, experte en bien-être mental chez Mensura : « Un manque de motivation au travail est avant tout néfaste pour la productivité. Mais il peut également contribuer à des absences de courte ou de longue durée. Par ailleurs, la motivation est un facteur déterminant pour une réintégration réussie après une longue absence.

    Comme nous travaillons tous plus longtemps, c’est la première fois que six générations différentes se côtoient sur le lieu de travail. Et ce, à une époque de changements rapides dus à l’IA et à d’autres technologies. Il est donc plus important que jamais pour les entreprises et les responsables hiérarchiques de créer une dynamique positive. Cela peut se faire grâce à un leadership axé sur le coaching, fondé sur une vision claire et mettant l’accent sur le sens du travail. Le lien social et la sécurité psychologique détermineront plus que jamais le succès à cet égard. »

    Les seniors sont les plus motivés au travail

    Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les travailleurs seniors (60+) sont les plus enthousiastes à l’égard de leur travail. 84,6 % d’entre eux se disent (plutôt) très motivés au travail. Cela représente une légère baisse par rapport à 2021 (87,7 %).

    Contrairement aux sexagénaires, les jeunes entre 20 et 29 ans sont les moins motivés au travail. Près d’un travailleur sur cinq (18,9 %) trouve peu ou pas de motivation au travail. Il y a cinq ans, ce chiffre était de 15,9 %.

    L’étude indique également les facteurs qui contribuent le plus à la motivation sur le lieu de travail. Julie Daenen : « Une diversité suffisante dans le travail arrive en tête dans les deux tranches d’âge. Mais alors que les seniors accordent beaucoup plus d’importance à la culture d’entreprise générale, les jeunes apprécient davantage le lien émotionnel avec leur travail.

    Ces conclusions soulignent l’importance d’une employabilité durable. Les entreprises doivent se poser la question suivante : « Que pouvons-nous faire pour rendre les carrières encore plus durables ? Comment pouvons-nous impliquer les jeunes de façon positive dans leur travail et rendre leur emploi plus significatif ? » Nous ne devons pas non plus perdre de vue les personnes plus âgées. Elles sont souvent intrinsèquement motivées, mais leurs atouts ne sont pas toujours employés à bon escient. Les programmes de mentorat, dans le cadre desquels des collaborateurs expérimentés accompagnent les jeunes et les aident à évoluer dans leur travail, constituent un bel exemple qui relie ces deux aspects. »

    Attention aux jeunes travailleurs qui fondent une famille

    Une dernière constatation frappante ressort de l’étude : au sein de la tranche d’âge des jeunes, une distinction claire se dessine entre les moins de 25 ans et les 25-30 ans. Dans ce dernier groupe, le pourcentage de travailleurs peu ou pas motivés est nettement plus élevé (20,7 %) que chez les moins de 25 ans (16,0 %).

    « Nous sommes à l’aube d’une ère de changement où les jeunes souhaitent une approche différente en matière d’accompagnement, de coaching et de sens. Ils entrent sur le marché du travail avec une réalité très différente, souvent dominée par les stimuli numériques et une abondance sans précédent d’informations et d’opinions, alors même qu’ils cherchent leur voie.

    Les 25-30 ans sont des travailleurs qui, après une première expérience professionnelle, se voient confier davantage de responsabilités dans leur travail. En outre, ils découvrent à quel point il peut être difficile de concilier vie professionnelle et vie privée lorsqu’ils fondent une famille. Ce sont là des facteurs qui peuvent expliquer les différences au sein de la génération Z et dont les employeurs doivent tenir compte. »

    À propos des chiffres

    Depuis 2019, Mensura interroge chaque année les travailleurs via Sonar, une analyse psychosociale quantitative et qualitative en ligne. Au total, quelque 80 000 travailleurs ont été interrogés, dont 52 % d’hommes et 48 % de femmes.

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