Évaluer le potentiel de travail en 10 questions

    Une évaluation du potentiel de travail permet de déterminer si une réintégration est possible. Voici un résumé pratique en 10 questions.

    Qu’est-ce que le potentiel de travail exactement ?

    Depuis début 2026, vous pouvez, en tant qu’employeur, demander à votre service externe de procéder à une évaluation du potentiel de travail pour un travailleur malade ou en incapacité de travail de longue durée.

    est une forme de tri. L’objectif est d’établir si un travailleur est capable d’effectuer un travail adapté ou différent, dans l’optique de lancer éventuellement un trajet de réintégration.

    Comment se déroule l’évaluation du potentiel de travail ?

    À l’aide de deux questionnaires standardisés (et des informations disponibles concernant la santé du travailleur), l’infirmier en médecine du travail ou le médecin du travail évalue le potentiel de travail. Il ne s’agit pas d’une visite médicale.

    Quand devez-vous demander une évaluation du potentiel de travail en tant qu’employeur ?

    Depuis le 1er janvier 2026, vous avez l’obligation, en tant qu’employeur, de demander une évaluation du potentiel de travail pour les travailleurs en incapacité de travail depuis plus de 8 semaines sans interruption.

    Cela signifie-t-il que vous devez automatiquement demander cette évaluation pour tous les travailleurs en incapacité de travail d’au moins 8 semaines ?

    Non, pas nécessairement. À partir de 8 semaines d’incapacité de travail ininterrompue, vous pouvez en faire la demande, mais il n’est pas obligatoire de le faire à partir de 8 semaines précisément. Vous disposez ainsi d’une certaine marge de manœuvre.

    Vous souhaitez, en tant qu’employeur, lancer un trajet de réintégration, mais vous n’avez pas le consentement de votre travailleur ? Une évaluation du potentiel de travail est toujours nécessaire. Votre collaborateur a donné son consentement (écrit) pour commencer un trajet de réintégration ? Alors, l’évaluation du potentiel de travail n’est pas nécessaire.

    Conseil

    Demandez une évaluation du potentiel de travail au plus tard après 4 mois d’absence. Cela vous laisse une marge administrative suffisante et, en cas de résultat positif, vous permet de lancer un trajet de réintégration dans les 6 mois réglementaires.

    Quand une évaluation du potentiel de travail n’est-elle pas (encore) nécessaire ?

    Une évaluation du potentiel de travail n’est pas toujours utile. Votre travailleur s’apprête-t-il, par exemple, à reprendre le travail bientôt (avant 6 mois d’incapacité) ? Dans ce cas, une évaluation a peu de valeur ajoutée. Il en va de même lorsqu’un travailleur doit subir une intervention ou est hospitalisé pour une courte période.

    Par ailleurs, si votre travailleur reprend le travail (à temps plein ou à temps partiel), l'incapacité de travail est interrompue et il faut dans ce cas à nouveau attendre 8 semaines d'incapacité de travail totale ininterrompue avant de pouvoir à nouveau demander une estimation de potentiel de travail.

    Comment puis-je faire la demande pour une évaluation du potentiel de travail via Mensura ?

    Veuillez envoyer un e-mail à votre gestionnaire de dossiers avec ce document de demande complété en pièce jointe. Nous prendrons ensuite contact avec votre travailleur par mail, par téléphone ou éventuellement par la poste.

    Comment le résultat de l’évaluation du potentiel de travail est-il annoncé ?

    Le travailleur et l’employeur sont informés par écrit via une attestation officielle. L’évaluation du potentiel de travail est reprise dans le dossier de santé du travailleur.

    Un potentiel de travail existe pour mon travailleur. Que faire ?

    Si un potentiel de travail est déterminé et que vous employez plus de 20 travailleurs, vous disposez d’un délai de 6 mois à partir du début de l’absence pour demander le lancement d’un trajet de réintégration (informel ou formel). Si vous optez pour une procédure informelle et que le salarié refuse de coopérer, ou si cette procédure ne débouche pas sur une reprise du travail avant l'expiration des six mois d'incapacité de travail, vous devrez tout de même engager une procédure formelle.

    Conseil

    Si vous entretenez de bons contacts avec le travailleur et qu’il est prêt à coopérer, un trajet informel constitue la meilleure solution.

    Il n’y a aucun potentiel de travail pour mon collaborateur. Que faire ?

    Dans ce cas, il est recommandé de maintenir un contact étroit avec votre collaborateur et d’évaluer régulièrement si un moment devient propice pour lancer un trajet de réintégration.

    Que faire si mon collaborateur ne répond pas à l’invitation pour une évaluation du potentiel de travail ?

    Mensura tentera de contacter le collaborateur à deux reprises. En l’absence de réponses après ces deux tentatives, la demande sera clôturée. La conclusion par défaut sera qu’il n’existe pas de potentiel de travail. L’attestation n’indique pas si le résultat est un potentiel de travail négatif ou si le travailleur n’a pas réagi.

    À partir de 10 semaines d’absence, la mutualité soumettra un autre questionnaire au travailleur. L’objectif est que le coach Retour au Travail lui fournisse des informations sur une possible réintégration. Si le collaborateur ne souhaite pas coopérer, il risque alors de perdre (une partie de) son indemnité.

    Quels facteurs favorisent la réussite de l’évaluation du potentiel de travail ?

    Le gouvernement souhaite remettre un maximum de malades de longue durée au travail. C’est pourquoi il est essentiel de garder le contact dès le premier jour avec le travailleur malade ou en incapacité de travail. À partir de 4 semaines d’absence, vous devez le signaler au service externe afin que le médecin du travail puisse l’informer des possibilités de réintégration.

    En tant qu’employeur, prévenez également votre travailleur à temps qu’après 8 semaines d’absence, un questionnaire sera l’étape suivante pour évaluer son potentiel de travail, et expliquez-lui son objectif.

    Pour chaque type de réintégration, maintenir un contact régulier est essentiel. Même avant l’absence, un suivi constant permet d’établir une confiance mutuelle. Ainsi, si un collaborateur tombe en incapacité, la prise de contact paraîtra tout à fait naturelle. Le travailleur continuera à se sentir impliqué et valorisé.

    L’évaluation du potentiel de travail s’inscrit donc idéalement dans une comprenant des accords et procédures clairs, ainsi que des responsables formés.

    Vous avez encore des questions sur le potentiel de travail ?

    Cette note explicative sur SPF Emploi, Travail et Concertation sociale décrit clairement en détail l’ensemble du processus.


    An Bogaert

    An Bogaert

    Responsable du département Surveillance médicale

    Fille d’entrepreneur, j’ai sciemment choisi de me spécialiser dans la médecine du travail à la fin de mes études de médecine. En tant que médecin du travail, je peux parfaitement appliquer mes connaissances médicales au monde de l’entreprise, un environnement dans lequel je me sens particulièrement à l’aise.

    J’habite dans les Ardennes flamandes, idéales pour se détendre dans la nature après une journée de travail passionnante.

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