Lutte contre l'absentéisme : le secteur des soins de santé, le commerce de détail et les administrations locales partagent leurs expériences
Vous pouvez apprendre beaucoup des collègues de votre secteur. Surtout en matière d’absentéisme, un problème persistant et sensible qui peut en outre prendre de nombreuses formes. Des professionnels RH issus des secteurs des soins de santé, du commerce de détail et des administrations locales se sont réunis dans le cadre d’une table ronde avec Bart Teuwen, expert en absentéisme, afin de partager leurs expériences. Avec sa collègue Nathalie Vanaenrode, également experte en absentéisme, il tire cinq leçons de ces discussions.
- 1. Constat : de nombreux facteurs spécifiques au secteur influencent l’absentéisme
- 2. Idée reçue : l’absentéisme est une question de génération
- 3. Travail en cours : enregistrement systématique des données d’absentéisme
- 4. Le facteur d’incertitude : la réglementation
- Le conseil en or : se connecter fait des merveillesLa
1. Constat : de nombreux facteurs spécifiques au secteur influencent l’absentéisme
« Dans le secteur du commerce de détail, on constate que la politique définie au niveau central a parfois du mal à être appliquée dans les filiales », explique Bart Teuwen. « Même si les actions partent de bonnes intentions, leurs effets restent largement limités. Dans le secteur des soins de santé, les principaux facteurs d’absentéisme sont le régime de travail 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, et la pénibilité du travail, tant physique que mentale. Et dans le secteur des administrations, l’élaboration d’une politique efficace se heurte surtout à la multitude de fonctions. »
« Comment font les autres organisations de notre secteur ? En tant qu'expert en absentéisme, c’est une question qui nous est souvent posée », ajoute Nathalie Vanaenrode. « Les points de référence en matière d’absentéisme sont utiles, mais ne donnent pas un aperçu des politiques d’absentéisme des autres acteurs du secteur. Ces tables rondes nous permettent d’apporter une réponse à cette question. Le partage de vos expériences avec des collègues RH de votre secteur peut offrir une grande source d’inspiration pour élaborer votre propre politique. »
2. Idée reçue : l’absentéisme est une question de génération
« Les entreprises du secteur du commerce de détail ont indiqué que l’absentéisme de moyenne durée est en augmentation chez les 30-34 ans », explique Nathalie. « Quant à l’absentéisme de courte durée chez les plus jeunes, c’était un sujet brûlant pour les participants du secteur des soins de santé. Les RH ne peuvent que spéculer sur la cause : est-ce parce que les jeunes générations veillent de façon plus stricte à leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée ? La crise du coronavirus a-t-elle véritablement entraîné une nouvelle éthique de travail ? »
« On invoque souvent les différences générationnelles pour expliquer ce phénomène, mais c’est un peu réducteur », estime Bart. « L’absentéisme résulte presque toujours d’une conjonction de circonstances dans la sphère professionnelle et privée. L’impact de tous ces éléments, lesquels sont souvent liés à une phase de la vie, est beaucoup plus important que celui de la génération de la personne. En d’autres termes, ce n’est pas une question de génération. Il y a beaucoup plus de différences au sein d’une même génération qu’entre les générations. »
3. Travail en cours : enregistrement systématique des données d’absentéisme
Tous les participants à la table ronde en étaient convaincus : les données sur l’absentéisme sont la clé pour mener des actions ciblées, éliminer les obstacles internes au sein de l’organisation et objectiver les discussions difficiles. Avec des chiffres à l’appui, vous savez de quoi vous parlez et vous faites taire d’emblée bon nombre de discussions.
« Cependant, même si des progrès ont été réalisés ces dernières années, il reste encore beaucoup à faire en matière de politique d’absentéisme basée sur les données », explique Nathalie. « De nombreuses équipes RH surveillent déjà certains indicateurs d’absentéisme. Mais le plus gros du travail reste à faire : analyser les données, en tirer les bonnes conclusions et les traduire ensuite en actions ciblées et en procédures claires. »
« La question de l’absentéisme n’est pas neuve : comment susciter le retour au travail des absents ? Comment mieux contrôler l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée dans un secteur exigeant, tant sur le plan physique que mental ? Et comment limiter l’absentéisme gris ? On a parfois l’impression d’être à court d’idées. C’est précisément la raison pour laquelle une discussion avec des collègues du secteur peut constituer une source d’inspiration. La personne assise à côté de moi avait mis en place un cycle détaillé d’entretiens. J’ai également noté quelques conseils concrets pour mieux impliquer les supérieurs hiérarchiques dans la lutte contre l’absentéisme. »
Véronique Grossi
Directrice RH auprès de la Wit-Gele Kruis à Anvers
4. Le facteur d’incertitude : la réglementation
Les nouvelles mesures de l’accord de gouvernement soulèvent surtout beaucoup de questions. Par exemple, la détermination du potentiel de travail dans le cadre de la réintégration ou la facture d’absentéisme qui va augmenter pour les absences de longue durée. L’incertitude quant à l’impact concret de toutes ces mesures incite les organisations à adopter pour l’instant une attitude attentiste.
Nathalie : « Elles n’osent rien mettre en œuvre de peur de devoir faire marche arrière dans quelques mois. Elles espèrent surtout que les règles édictées par le gouvernement seront applicables sur le lieu de travail et suffisamment réalistes dans la pratique quotidienne de leur secteur. »
Le conseil en or : se connecter fait des merveillesLa
« Outre des accords et des procédures clairs, une relation de confiance entre le supérieur hiérarchique et le collaborateur est l’approche la plus efficace en ce qui concerne la motivation et l’engagement », explique Bart. « Une telle approche chaleureuse, mais professionnelle peut réduire l’absentéisme de longue durée. Les entretiens d’absentéisme entre les supérieurs hiérarchiques et les collaborateurs en sont une application très concrète, mais n’hésitez pas à impliquer vos collaborateurs dans l’élaboration de votre politique d’absentéisme. »
« Un certain nombre de lignes d’assistance peuvent également contribuer à établir cette relation », conclut Nathalie. « Pensez aux coaches en bien-être, en soins ou en réintégration, à un … Et n’oubliez pas : informez-vous de temps en temps auprès de vos collègues du secteur. Les participants à nos tables rondes ont constaté que cela pouvait être très inspirant. »:no_upscale())
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Bart Teuwen
Expert en absentéisme
L’absentéisme constitue un problème croissant pour les employeurs et notre système de sécurité sociale. Nourrie par mon expérience en tant que médecin du travail au Pays-Bas, mon ambition d’exercer un impact en matière d’absentéisme en Belgique également n’a cessé de grandir. Pouvoir accompagner les entreprises et les dirigeants dans l’évolution d’une approche durable et positive dans le domaine de l’absentéisme constitue une véritable passion pour moi. Un défi que je relève avec énormément de plaisir.
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