Travailler avec les nanoparticules : les risques du « nouvel amiante »

Un nombre croissant de collaborateurs entrent en contact avec des nanoparticules, ce qui les expose à des dangers sanitaires. Bien que tous les risques pour la santé ne soient pas encore connus, il est certain que ces minuscules particules de matière peuvent causer de graves maladies. Comment anticiper ces effets négatifs potentiels en tant qu'employeur ? Johan Sterckx, conseiller en prévention hygiène industrielle et toxicologie chez Mensura, répond aux questions les plus prégnantes.

Johan Sterckx : « Les nanoparticules ne mesurent qu'1 milliardième de mètre et sont donc invisibles à l'œil nu. Du fait de leur très petite taille, elles peuvent aisément être inhalées et pénétrer en profondeur dans notre corps. Elles sont libérées lors de certains phénomènes naturels et de la manipulation de matières. Nous songeons, par exemple, ici à certaines particules qui se dégagent durant les travaux de démolition, les processus de fusion et le soudage, ou qui sont contenues dans les gaz d'échappement des moteurs diesel. Ce sont donc principalement les ouvriers qui sont exposés. Mais les nanoparticules peuvent aussi être présentes dans un environnement de bureaux. Elles sont, par exemple, émises par les toners des imprimantes laser.

Les nanoparticules sont-elles un nouveau phénomène ?

Johan Sterckx : « Des chercheurs ont trouvé de telles particules dans les peintures céramiques des anciens Egyptiens et dans les vitraux médiévaux, elles ne sont donc pas nouvelles. Mais depuis quelques années, les nanoparticules sont délibérément ajoutées aux matières, pour les renforcer ou leur conférer des fonctionnalités supplémentaires. Les textiles résistants à la poussière et le verre autonettoyant en sont des exemples. Résultat : de plus en plus de collaborateurs sont exposés à ces particules dans leur travail quotidien. »

A terme, les nanoparticules peuvent être responsables de maladies pulmonaires chroniques et même du cancer du poumon.

Quels sont les effets potentiels des nanoparticules sur le corps ?

Johan Sterckx: « L'impact complet des nanoparticules n'est pas encore clair. Toutefois, il a été établi que l'inhalation de certains types de nanoparticules, comme les particules de toner d'imprimante et les fumées de soudure, présente des risques majeurs. Parce qu'elles pénètrent très profondément dans les poumons et le corps, ces particules peuvent perturber le fonctionnement cellulaire. Elles peuvent donc provoquer des maladies cardio-vasculaires et pulmonaires chroniques et même le cancer. C'est la raison pour laquelle elles sont parfois appelées le « nouvel amiante ».

« Ces effets ne se font toutefois sentir qu'à long terme, ce qui signifie que les collaborateurs et les employeurs ne sont guère conscients des dangers potentiels. »

Comment un employeur peut-il connaître la nature et la quantité des nanoparticules présentes sur le lieu de travail ?

Johan Sterckx: « Il est actuellement quasi impossible de mesurer la quantité exacte de particules sur un lieu de travail. Cependant, une analyse des risques permet d'identifier les produits utilisés et les dangers potentiels. Sur la base de ces résultats, il est possible d'établir un registre qui spécifie quels collaborateurs sont susceptibles d'entrer en contact avec des nanoparticules et de quelles nanoparticules il s'agit.

« Le conseiller en prévention propose ensuite des mesures pour minimiser l'exposition. Cela peut se faire en remplaçant les produits ou en les plaçant dans des espaces de travail séparés, afin de réduire le nombre de collaborateurs exposés. »

Quelles mesures un employeur doit-il prendre pour protéger ses collaborateurs exposés ?

Johan Sterckx: « Il est capital de sensibiliser les travailleurs. Habituellement, les équipements de protection utilisés pour les substances toxiques sont suffisants, comme par exemple un masque anti-poussière P3. Mais les collaborateurs négligent parfois de s'en servir, car ils ne les trouvent pas confortables pour travailler. »

« Des formations ou des affiches sur les lieux de travail permettent de faire prendre conscience aux collaborateurs des dangers liés aux nanoparticules, de sorte qu'ils utilisent plus rapidement et plus fréquemment leurs équipements de protection. Ils se protègent ainsi contre les risques potentiels pour la santé et continuent à travailler sainement. »

Protégez vos travailleurs contre les nanoparticules

Notre service hygiène industrielle et toxicologie procède à une analyse approfondie des risques liés aux nanoparticules. Vous pouvez également nous contacter pour des mesures de prévention et des formations sur mesure. Découvrez ce que Mensura peut faire pour vous en envoyant un e-mail à l'adresse johan.sterckx@mensura.be ou en appelant le 02/549 71 00.