Tests rapides au travail : un état des lieux (06/04/21)

Une note du SPF ETCS brosse le cadre d’un élargissement de l’utilisation des tests rapides sur le lieu de travail.

Tests rapides : de quoi s’agit-il exactement ?

Il est important de savoir en quoi consistent précisément les tests rapides. Le terme « test rapide » fait référence à la vitesse à laquelle le résultat d’un test coronavirus s’obtient, mais ne donne aucune information concernant la technique de prélèvement ni la méthode de test utilisée. Le fait que l’échantillon soit prélevé dans le nez, la gorge, la salive... n'a aucune importance. Pour faire simple : tout test qui ne doit pas être envoyé au labo pour obtenir un résultat est qualité de test rapide.

Dans quelles situations peut-on recourir aux tests rapides ?

Les procédures actuelles relatives à l’utilisation de tests rapides ne changent pas. En outre, le législateur a défini une série de situations concrètes dans lesquelles le médecin du travail peut désormais envisager de recourir à des tests rapides pour des travailleurs spécifiques sur la base de critères précis

Concrètement, les tests rapides peuvent être utilisés dans les cas suivants :

  1. Gestion de cluster sur le lieu de travail
    Aujourd’hui, les tests rapides sont déjà utilisés pour détecter un cluster lorsqu’une contamination sur le lieu de travail est mise en évidence via le contact tracing. Cela peut être le cas pour garder le contrôle de foyers (dangereux) ou pour des travailleurs qui ne sont actifs que temporairement en Belgique et dont un au moins présente des symptômes ou a été testé positif au COVID-19.

    Dans ce contexte, le médecin du travail peut décider de tester régulièrement tous les travailleurs ou une partie d’entre eux pendant une période spécifique (ex. 2 x par semaine), que ce soit ou non avec un test rapide. Il a le droit de prolonger cette période en fonction des contaminations diagnostiquées.

    Les tests rapides peuvent être utilisés dans ces situations afin de tester les contacts à faible risque ou de réaliser des tests plus larges que le cluster au sein d’une entreprise. En principe, les contacts à haut risque doivent être mis en quarantaine et faire l’objet d’un test PCR. Il y a une exception pour les fonctions critiques dans les secteurs essentiels : une procédure spécifique prévoit l’utilisation de tests rapides afin d’éviter la mise en quarantaine.
     
  2. Test préventif sans qu’il soit question d’un foyer : évaluation du risque spécifique par le médecin du travail
    Les tests rapides peuvent également être utilisés de manière répétitive sur la base d’une évaluation des risques. L’objectif de cette démarche consiste à lutter contre la propagation du virus et protéger la santé des collaborateurs.

    Les conditions d’utilisation des tests rapides dans ce cadre sont strictes :
    • C’est le médecin du travail qui évalue la nécessité d’effectuer un test rapide, il pèse le pour et le contre en fonction du profil de l’entreprise, de la nature des activités et d’une circulation accrue du virus dans la région. Le cas échéant, il peut se concerter avec l’inspecteur sanitaire régional et/ou le médecin-inspecteur social de la Direction générale de la Surveillance du Bien-être au travail (SPF ECTS).
    • La décision intervient en concertation avec l’employeur et dans le respect de la législation sociale.
    • Les tests rapides ne peuvent être réalisés que durant une période déterminée. Le médecin du travail peut la prolonger s’il l’estime nécessaire.
    • Seules des catégories spécifiques de collaborateurs entrent en ligne de compte. Le médecin du travail détermine qui peut être testé sur la base de critères concrets (nombre de contacts, niveau de distance, niveau de ventilation, etc.). A l’heure actuelle, les services externes élaborent une évaluation générique du risque afin d’uniformiser cette estimation.
    • Les télétravailleurs n’entrent pas en ligne de compte.
       
  3. A la demande du médecin - inspecteur social
    Le médecin - inspecteur social peut demander au médecin du travail de faire passer régulièrement des tests rapides aux travailleurs présents sur le lieu de travail pendant une période donnée.

Quels collaborateurs sont éligibles ou non à cette forme de testing ?

Dans le cadre de la gestion de cluster, les contacts à faible risque peuvent être testés sur le lieu de travail à l’aide de tests rapides. De même, des collaborateurs qui sont seulement actifs temporairement en Belgique et dont un au moins présente des symptômes, entrent en ligne de compte. Le médecin du travail peut également demander à d’autres travailleurs de se faire tester sur la base d’une évaluation du risque spécifique.

D’un point de vue médico-technique, il est insensé de pratiquer des tests rapides sur des personnes qui ont été vaccinées contre le COVID-19. Les télétravailleurs n’entrent pas non plus en ligne de compte.

Important : les tests rapides ne remplacent en aucun cas les mesures de prévention existantes. Ils ne peuvent pas non plus servir à lever l’obligation de quarantaine d’un travailleur. Les fonctions critiques dans les secteurs essentiels constituent une exception à cette règle. Une procédure de test rapide a d’ailleurs été élaborée en ce sens (voir « gestion de cluster sur le lieu de travail »).

Que signifie le résultat d’un test rapide ?

Si le résultat est négatif : la personne testée n’est pas contaminée pour l’instant. Il ne s’agit pas pour autant d’une garantie que le collaborateur concerné n’est pas contaminé par le coronavirus. Un test rapide ne détectera pas les personnes qui ont une charge virale faible. Une personne contaminée, mais pas (encore) contagieuse, pourra donc l’être peu de temps après si la charge virale a augmenté. Voilà pourquoi il est essentiel de répéter les tests rapides, par exemple deux fois par semaine.

Un test positif doit toujours mener à une mise en quarantaine et un tracing des contacts.

Pouvez-vous, en tant qu’employeur, imposer des tests rapides à vos employés ?

Non. Les travailleurs doivent donner librement leur consentement pour de tels tests. Voilà pourquoi il est essentiel de bien expliquer ce mode de tests.

En tant qu’employeur, vous êtes bien entendu impliqué dans l’évaluation, mais il appartient au médecin du travail ou au médecin - inspecteur social de prendre la décision finale concernant les collaborateurs éligibles à un test rapide ou la fréquence de ce dernier.

L’employeur n’a pas accès aux résultats du test parce qu’il s’agit de traitement de données de santé.

Comment les tests rapides se déroulent-ils en pratique ?

S’il s’agit de quelques travailleurs, ils devront se présenter dans l’un de nos centres médicaux ou éventuellement dans un centre de triage et de test à proximité.

Lorsqu’un très grand nombre de travailleurs doit être testé, nos médecins ou infirmiers viennent sur place afin d’effectuer les tests.

Les tests rapides font-ils partie de la surveillance de la santé périodique ?

Non. Les tests rapides sont indépendants de l’évaluation de santé périodique ou d’un acte médical supplémentaire. Le résultat d’un test rapide ne donne aucune information au sujet de l’aptitude au travail en fonction des risques liés à l’exécution de la fonction.

Quel est le coût des tests rapides ?

Le matériel fourni par le gouvernement est gratuit, le test en lui-même ne l’est pas. Le testing n’est pas compris non plus dans la cotisation forfaitaire et est facturé séparément. Les entreprises A,B et C+ peuvent faire appel aux unités de prévention à cet effet.

En tant qu’employeur, puis-je recourir aux tests rapides gratuits du gouvernement ?

Non. Seuls les médecins du travail peuvent commander ces kits.