ICOH 2018 : ancrer la prévention et la santé dans la politique (1/2)

Une délégation de Mensura participe à l’ICOH 2018 avec des posters et plusieurs présentations. Au travers de deux postes de blog, nos collègues et reporters sur place vous font vivre le 32e International Congress on Occupational Health.

Comme en témoignent les chiffres, l’ICOH n'est pas un événement de petite envergure. Au total, plus de 1.000 abstracts ont été envoyés et plus de 500 intervenants vont prendre la parole. Les plus de 2.100 participants viennent de 112 pays. Mensura a prévu huit posters et trois présentations.

Mensura partage ses connaissances

Par exemple, Gerrit Pollentier a discuté des meilleures pratiques d'un projet pluridisciplinaire visant à améliorer les conditions de travail ergonomiques dans un centre de distribution d’une grande marque de sport. Mathieu Verbrugghe a évoqué des facteurs qui contribuent à l'absentéisme à long terme (plus d'1 mois) sur la base d'une enquête menée auprès de 2.000 travailleurs.

À l'origine, Karolien Lauwers n'avait développé qu'un poster, mais en raison de sa pertinence et de son contenu intéressant, l’ICOH lui a demandé de préparer une conférence sur la « whole body vibration », le stress postural chez les conducteurs d'autobus et le risque de douleurs lombaires.

Jusqu’ici,  les présentations qui ont le plus plu à nos collègues sont les suivantes :

« Vision Zero: A world of work without fatal and serious accidents and diseases »

Hans-Horst Konkolewsky soutient l'affirmation selon laquelle la prévention n'est pas un poste de coût, mais un investissement. Les accidents du travail et les maladies professionnelles ne sont pas inévitables et ont toujours une ou plusieurs causes. Une culture de la prévention fortement développée permet d'éliminer des causes.

Pour ce faire, il convient d'appliquer les 7 règles de base de la « Vision Zero » tirées de la pratique :

1. Prendre le leadership - démontrer l'engagement

2. Identifier les dangers - contrôler les risques

3. Définir des objectifs - développer des programmes

4. Assurer un système sûr et sain - être bien organisé

5. Assurer la sécurité et la santé au niveau des machines, des équipements et des lieux de travail

6. Améliorer les qualifications - développer les compétences

7. Investir dans les personnes - motiver par la participation

Il est par ailleurs recommandé d'adopter une approche flexible. Chaque entreprise devra l'adapter aux besoins spécifiques ou à la législation en vigueur. « Vision Zero » est un processus continu, d'où l'importance d'impliquer le management et de dialoguer avec les collaborateurs. Pour mettre en œuvre « Vision Zero », les PME ont besoin d'une approche à plus petite échelle et peuvent utiliser l'outil DIAGNEO.

Pour de plus amples informations, rendez-vous sur https://visionzero.global

« Total Worker Health®: From concept to reality »

Le docteur Bonnie Rogers décrit Total Worker Health® (TWH) comme étant des « lignes directrices, des programmes et des pratiques qui intègrent les risques pour la santé et la sécurité au travail avec la promotion de la prévention des accidents et des maladies, dans le but d'améliorer le bien-être des travailleurs. » Cette approche holistique identifie des facteurs de risque qui peuvent entraîner des problèmes de santé et qui, jusqu'à récemment encore, n'étaient pas considérés comme liés au travail.

Une recommandation concrète suggère d'inclure la santé dans les déclarations de politique des entreprises, tout comme la sécurité. Une démarche à la fois nécessaire, pour réduire l'absentéisme pour maladie et augmenter la productivité, et incontournable en raison du vieillissement de la population active, selon le docteur Rogers.

Pour de plus amples informations, rendez-vous sur Total Worker Health®.

À la fois enthousiaste et critique

Bart Vriesacker, conseiller en prévention psychosociale, ne cache pas son enthousiasme : « Nous sommes nombreux ici à nous pencher sur un seul et même thème : comment rendre le monde du travail plus sûr ? Nous sommes littéralement inondés de chiffres tirés d'études. J'en ai pris bonne note et je vous en communique d'ores et déjà un. Selon une étude canadienne menée à l'échelle internationale (Zorianna Hyworon, InfoTech Inc), la dépression entraîne en moyenne une perte de productivité de 18,7% et un coût moyen d'environ 8.000 $. Cela me renforce dans ma conviction : mon métier est nécessaire. »

Mais Bart Vriesacker souligne aussi un point de critique. « Le stress est généralement présenté comme le “méchant”. Nous savons que le stress peut être malsain, mais malheureusement, trop de scientifiques ne voient qu'une seule facette du stress. Ils oublient de prendre aussi en considération la capacité d'adaptation des personnes. La manière dont vous pouvez le gérer ou non est un facteur important dans le développement du stress négatif ! C'est le même stress qui pousse les collègues Karolien Lauwers et Mathieu Verbrugghe à faire une excellente présentation, et à placer Mensura en tant qu'organisation sur la carte mondiale. »

Le deuxième et dernier poste de blog consacré à l’ICOH 2018 sera publié le 8 mai.