De plus en plus d'accidents du travail : « Une politique de circulation peut inverser la tendance »

Le nombre d'accidents du travail augmente. Plus de 15 % de l'ensemble des accidents du travail dans le secteur privé belge surviennent lors de déplacements entre le domicile et le travail ou pendant le travail. Une politique de circulation vous aide à maintenir ce chiffre dans certaines limites. Steven Verschueren, expert en prévention chez Mensura, donne des détails et des explications.

De plus en plus de voitures circulent sur les routes belges. Au premier trimestre 2019, pour la première fois en 7 ans, les accidents mortels sont repartis à la hausse. « Selon les derniers chiffres, 40 % de tous les accidents du travail mortels sont des accidents de la route », déclare l'expert en prévention Steven Verschueren.

Sécurité routière = une partie de la prévention

Une vision du bien-être et de la sécurité au travail doit préserver la santé des employés dans tous les domaines. « Une politique de prévention mûrement réfléchie prévoit non seulement des mesures visant à promouvoir un mode de vie sain et à limiter les risques sur le lieu de travail, mais elle inclut également la sécurité des déplacements entre le domicile et le travail. En protégeant de manière optimale les employés dans la circulation, les organisations leur assurent une sécurité au travail.

De plus, une telle approche est économique. En effet, un accident du travail n'entraîne pas seulement des coûts directs - dommages aux véhicules, frais médicaux, amendes - mais aussi des coûts indirects. A titre d'exemples, citons les dommages à l'image et l'impact psychologique sur les collaborateurs. »

Comment un employeur peut-il avoir un impact sur la sécurité sur la voie publique ?
Steven : « En implémentant une politique de circulation. Avec une telle politique, une entreprise organise tous les déplacements professionnels de la manière la plus efficace et la plus sûre possible en combinant différentes mesures.

Citons par exemple un cours de conduite défensive pour tous les collaborateurs, une politique sur l'usage du téléphone au volant et une campagne de sensibilisation sur l'importance des pauses pendant les longs trajets en voiture. »

Indispensable : l'appui de la direction

Quelle est la première étape de la mise en œuvre d'une politique de circulation ?
Steven : « Impliquer et motiver la direction. Ce n'est qu'alors que la politique a une chance de réussir. En effet, la direction fournit le temps, les ressources et le personnel nécessaires à l'élaboration d'une approche.

De plus, il est également crucial de « donner l'exemple ». Les cadres utilisent-ils toujours le kit mains libres au volant ? Adoptent-ils une conduite défensive ? Donner le bon exemple reste le meilleur moyen de montrer clairement que la direction est pleinement en faveur du choix de se consacrer à la sécurité routière. »

« Une politique de circulation n'a de chance de réussir que si la direction se range du côté de l'approche. »

 

Quelles personnes au sein de l'organisation doivent être impliquées dans une politique de circulation ?
Steven : « Idéalement, les organisations doivent mettre en place un groupe de travail sur la sécurité routière avec diverses parties prenantes : un représentant de l'employeur, un certain nombre de collaborateurs, le conseiller en prévention, etc. Chacun d'entre eux offre sa propre vision de la sécurité routière. Les grandes entreprises peuvent également désigner un coordinateur de mobilité, qui prend l'initiative. »

Sur mesure et structuré

Quelles sont les tâches du groupe de travail ?
Steven : « Pour commencer, l'équipe établit la situation actuelle en collectant des données. Celles-ci sont indispensables pour une politique de circulation sur mesure. Quelques exemples de données essentielles sont les incidents antérieurs et les amendes de roulage infligées aux collaborateurs. Une enquête (anonyme) auprès des employés fournit également des informations précieuses : de l'utilisation du GSM au volant au port de la ceinture de sécurité.

Ces données montrent ce sur quoi une organisation travaille déjà aujourd'hui et où se situent les points d'amélioration. »

« Une politique de circulation ciblée est toujours faite sur mesure, les données d'entreprise sont donc indispensables. »

 

Le groupe de travail pourra ensuite fixer des objectifs ?
Steven : « C'est exact. Toutefois, une approche structurelle est essentielle. Il ne suffit pas de fixer quelques chiffres au hasard. Cela signifie que les objectifs formulés doivent être SMART : spécifiques, mesurables, acceptables pour toutes les parties prenantes, réalistes et définis dans le temps. Pensez à limiter le nombre annuel d'amendes, par exemple à un maximum de 2 par chauffeur. A moyen terme (5 ans), cela pourrait être une formation à l'écoconduite pour tous les chauffeurs. »

Existe-t-il des exigences légales qu'une politique de circulation et les objectifs doivent respecter ?
Steven : « Non, malgré le nombre poignant et croissant d'accidents de la circulation avec blessés, il n'existe pas de législation spécifique sur la manière dont une politique de circulation peut se conformer à la loi sur le bien-être. Toutefois, divers organismes ont développé des outils qui spécifient les points problématiques. Ceux-ci peuvent aider les entreprises à élaborer une politique dans ce domaine. »

Suivi attentif

Comment éviter que les objectifs restent sans effet ?
Steven : « En intégrant les points d'action dans les outils et processus existants et en les communiquant clairement. Par exemple, intégrer la sécurité routière dans le règlement du travail, le plan de prévention global (PPG) et le plan d'action annuel (PAA).

La sensibilisation est également cruciale : formations, affiches sur l'importance de la ceinture de sécurité, partage des chiffres sur les accidents de la route, etc. Ce sont toutes des mesures qui impliquent activement les collaborateurs dans la sécurité routière. »

« Même si le travail n'est pas fini après cela. Comme pour toute mesure de prévention, le suivi et l'évaluation sont essentiels. Faisons-nous des progrès ? Et dans quelle mesure atteignons-nous les objectifs ? Deux questions auxquelles le groupe de travail doit se plier. Ensuite, il adapte le processus ou l'équipe formule de nouveaux objectifs et les communique aux collaborateurs.

Ce n'est qu'en surveillant en permanence et en impliquant tout le monde qu'une politique de circulation aura un véritable impact. »

Les 6 étapes d'une politique de circulation efficace

 

1. Impliquez la direction.
2. Créez un groupe de travail sur la sécurité routière.
3. Collectez des données.
4. Formulez des objectifs et communiquez-les clairement au sein de l'entreprise.
5. Mettre en œuvre les objectifs dans les outils existants.
6. Assurez le suivi, évaluez et ajustez le cas échéant.

Mettez l'accent sur la sécurité des déplacements domicile-travail

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