Le travail neuro-inclusif : voici comment tirer le meilleur parti des cerveaux différents
De plus en plus d’organisations découvrent les atouts des travailleurs neurodivergents et adoptent les avantages d’une façon de penser « différente ». Pourtant, la plupart des environnements de travail restent encore aménagés selon une manière standard de travailler, tant sur le plan physique qu’organisationnel. Pensez aux bureaux paysagers, aux agendas remplis (débordant) de réunions et aux heures de travail rigides. Ce n’est pas vraiment un environnement dans lequel le travailleur neurodivergent s’épanouit pleinement. Comment exploiter pleinement les talents de ces travailleurs, sans devoir procéder à des adaptations trop importantes ?
Qu’est-ce que la neurodiversité ?
La neurodiversité est un terme générique qui désigne les personnes dont le cerveau fonctionne différemment de la « norme sociale ». Leur manière de traiter les informations, de communiquer ou de percevoir les stimuli est différente. Même s’il est parfois difficile de définir cette norme sociale, la neurodivergence recouvre principalement :
le TDA(H)
l’autisme
la dyslexie
la dyscalculie
l’hypersensibilité
le haut potentiel
On estime que 10 à 15 % de la population est neurodivergente. Il y a donc de fortes chances que plusieurs collègues de votre organisation aient un cerveau qui fonctionne juste un peu différemment. Parfois, ils le savent eux-mêmes, parfois non. Et parfois, ils choisissent de ne pas le partager.
En tenant compte, dans votre culture de travail et votre politique du personnel, de la diversité qui existe déjà, vous créez un environnement où chacun peut fonctionner de manière optimale. C’est de toute façon toujours un avantage si vous menez une politique inclusive.
L’utilité de la neurodivergence sur le lieu de travail
Les personnes qui pensent différemment font bouger les choses. Elles proposent d’autres points de vue, des solutions originales ou d’autres façons de travailler. Voir la neurodivergence comme une force plutôt que comme un obstacle ouvre la porte à un environnement de travail plus sain.
les esprits créatifs trouvent des solutions étonnantes là où d’autres bloquent
les collègues autistes repèrent des schémas et des détails qui peuvent éviter des erreurs cruciales
les personnes atteintes de TDAH peuvent, en hyperfocus, résoudre des problèmes complexes à une vitesse impressionnante
les collègues dyslexiques sont souvent doués pour la pensée visuelle et pour garder une vue d’ensemble stratégique
les collaborateurs hypersensibles perçoivent les signaux subtils au sein d’une équipe et contribuent à une culture de travail chaleureuse et fédératrice.
Cette diversité de styles de pensée rend les équipes plus innovantes et plus flexibles, et contribue à une organisation tournée vers l’avenir.
Comment créer un lieu de travail neuro-inclusif ?
Pas de panique : un environnement de travail neuro-inclusif ne nécessite pas d’énormes investissements. Comme nous le constatons souvent, de petits ajustements sont déjà très bénéfiques. Et les changements suivants ne profitent pas seulement aux collègues neurodivergents, mais à toute l’équipe et, par extension, à l’ensemble de l’organisation ou de l’entreprise.
Veillez à une communication claire : cela réduit les malentendus et rend la collaboration plus efficace.
P. ex. évitez le surplus d’informations (ne transférez pas une chaîne d’e-mails), rédigez un résumé écrit après les réunions, définissez les tâches et les attentes explicites (pas « nous allons nous en charger » --> qui va s’en charger précisément).Des heures de travail flexibles augmentent la productivité, car chacun peut travailler aux moments où sa concentration est maximale.
Un lieu de travail calme, avec peu de stimuli, ou un casque antibruit réduisent le stress et améliorent la qualité du travail.
Intégrez des créneaux de concentration, comme des demi-journées sans réunion ou un système qui permet de voir clairement quand vous pouvez ou non déranger quelqu’un.
Dans un environnement psychosocial sûr, les collègues partagent plus facilement leurs besoins et leurs préoccupations. C’est ainsi qu’une culture de confiance et d’ouverture se met en place, ce qui permet à votre équipe de réagir à certains signaux ou à certains problèmes plus rapidement.
Grâce à ces actions relativement simples, vous créez un environnement de travail où chacun peut s’épanouir. Et cela porte ses fruits : une productivité plus élevée, moins d’absentéisme, une politique du personnel tournée vers l’avenir, davantage de plaisir au travail, des équipes plus fortes et une culture inclusive dans laquelle les talents ne se perdent pas.
ℹ️ Vous voulez en savoir plus sur la neurodiversité sur le lieu de travail ? L’organisation Bjièn aide les entreprises à sensibiliser et à mettre en œuvre des solutions et des stratégies.
Vous rencontrez vous-même des difficultés liées à la neurodiversité sur votre lieu de travail ? Adressez-vous à la personne de confiance ou contactez l'un de nos conseillers en prévention du bien-être mental.