Quel est le coût du bien-être au travail ? Et pourquoi ce n’est pas la bonne question à se poser – opinion

    L’année 2026 a débuté avec de nouvelles mesures dans le cadre de la « politique de retour à l’emploi ». Le message du gouvernement est clair : l’impact social de l’absentéisme de longue durée est trop élevé. Mais ceux qui n’agissent que sous la contrainte passent à côté de l’essentiel, estime la Dre Gretel Schrijvers, CEO de Mensura.

    Un business case qui a du poids

    L’investissement dans le bien-être des travailleurs est payant. Et nous pouvons désormais le chiffrer de manière très concrète. Une étude récente et de grande envergure, publiée dans le Scandinavian Journal of Work, Environment & Health met concrètement en évidence les bénéfices du bien-être.

    Une analyse de 68 études internationales révèle ainsi que les interventions en faveur de la santé sur le lieu de travail ont un retour sur investissement (ROI) moyen de 1,92. Chaque euro investi par une organisation rapporte donc en moyenne près de deux euros.

    Par conséquent, les responsables qui s’interrogent aujourd’hui sur le coût des investissements consentis dans le bien-être des collaborateurs se posent la mauvaise question.

    Le bien-être incarne en effet un levier stratégique pour la rentabilité et un ancrage durable de votre activité. Les organisations qui investissent délibérément dans des collaborateurs heureux et motivés sont tout simplement plus performantes que leurs concurrents.

    ROI1,92

    Retour sur investissement (Return On Investment)

    Chaque euro qu'une organisation investit dans des interventions en matière de santé rapporte en moyenne près de deux euros.

    L’absentéisme invisible coûte le plus cher

    L’analyse la plus frappante ? Ce bénéfice ne se limite pas à une baisse de l’absentéisme.

    Il réside bien plus souvent dans la diminution du présentéisme : le phénomène selon lequel les collaborateurs sont présents, mais incapables de donner leur pleine mesure en raison du stress, de la fatigue ou d’un manque de motivation.

    Faire du bien-être une priorité stimule l’énergie, la concentration et l’engagement. Investir dans « le côté humain de votre entreprise » génère des bénéfices très concrets grâce à un gain direct de productivité.

    La prévention, une stratégie rentable

    Cela rejoint parfaitement le plaidoyer de mon collègue et expert en absentéisme Bart Teuwen. Il affirme que l’absentéisme n’est pas une fatalité qui s’abat sur une organisation, mais bien un processus qu’il est possible de piloter.

    En prenant des mesures préventives contre l’absentéisme et en se concentrant sur l’employabilité des personnes, les organisations peuvent structurellement augmenter leur productivité de 10 à 15 %.

    Le « rendement » de la prévention est de loin supérieur au coût des traitements. Lorsqu’une organisation adopte le dialogue plutôt que le contrôle et le soutien plutôt que les sanctions, toute la dynamique change.

    En effet, ce n’est pas le travail qui pose problème. Le travail - s’il est organisé correctement - peut être un élément essentiel de la solution et de la reprise.

    Le bien-être est donc un choix. Un choix qui s’oriente et se mesure. Mais il a aussi besoin d’un coup de pouce pour produire ses effets. La science est claire quant aux conditions : un engagement fort de la part des responsables, une implication active des travailleurs et une culture ouverte du feedback.

    Ceux qui considèrent le bien-être comme une obligation n’exploiteront jamais son potentiel. Seuls ceux qui y voient un moteur pour la croissance pourront en profiter. Ne suivez donc pas le mouvement parce que vous le devez, mais optez plutôt pour une politique de bien-être active parce que cela fonctionne.

    Quelle est la valeur du bien-être ?

    Mensura aide les entreprises à maintenir leurs collaborateurs au travail plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux. Nous créons le contexte professionnel dans lequel les gens se sentent bien. Un cadre dans lequel ils restent productifs de manière optimale et employables à long terme.

    L’étude récemment publiée dans le Scandinavian Journal of Work, Environment & Health montre le retour sur investissement concret de cette approche. Mais le bénéfice du bien-être ne se traduit pas seulement par un rendement de 1,92 pour l’organisation. Il offre aussi de multiples avantages à notre société : des travailleurs résilients, un système de sécurité sociale sain, une économie productive.

    Conclusion ? Celui qui s’interroge encore aujourd’hui sur le coût du bien-être regarde du mauvais côté de la balance. Ce n’est pas le coût, mais bien la valeur du bien-être qui est pertinente. Pour le collaborateur, pour l’employeur et pour la société.

    En bref : n’attendez pas que le gouvernement vous y contraigne. Investissez aujourd’hui dans le bien-être parce que c’est rentable.