Ménopause : comment briser le tabou et retenir les talents
Le marché du travail vieillit et se féminise. Pourtant, certains thèmes brillent par leur absence dans la politique de bien-être des organisations ; la ménopause en fait partie. C’est regrettable, car non seulement toutes les femmes passent par cette étape de vie, mais 70 à 80 % d’entre elles en souffrent. Leurs symptômes ne sont pas des moindres. Des fameuses bouffées de chaleur au brouillard mental, en passant par une hausse du niveau de stress et des troubles moins connus, ces désagréments ont un impact considérable sur la vie quotidienne, y compris au travail. Comment gérer cette situation en tant que responsable ou de service RH ?
- Ménopause : des bouffées de chaleur, mais pas que
- Péri, méno, post ?
- Périménopause :
- Ménopause :
- Post-ménopause :
- Un impact au travail plus important qu’on ne le pense
- 4 mesures concrètes que vous pouvez prendre en tant que responsable ou RH
- 1. Informez
- 2. Levez le tabou
- 3. Réfléchissez activement aux adaptations
- 4. ntégrez ce thème à votre politique de bien-être
- Travailler plus longtemps ensemble
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Ménopause : des bouffées de chaleur, mais pas que
La ménopause est différente pour chaque femme. Il existe plus de 40 types de symptômes, physiques et mentaux, qui ne se manifestent pas toujours de manière aussi prononcée ou évidente chez tout le monde. De plus, si l’on tient compte des phases de périménopause et de post-ménopause, la période de déséquilibre hormonal peut durer de 7 à 10 ans. Intense ? Absolument ! Mais aussi complexe… Découvrez donc ci-dessous des pistes pour soutenir vos collaboratrices ou vous-même.
Péri, méno, post ?
La ménopause est le terme générique qui désigne l’ensemble des phases liées à la « pause hormonale » : périménopause, ménopause et post-ménopause. Mais quelle est exactement la différence entre ces phases ?
Périménopause :
commence environ 10 ans avant les dernières règles
entre le dernier cycle régulier et les dernières règles
les symptômes atteignent un pic juste avant la ménopause et persistent encore quelques années après
Ménopause :
l’âge moyen est d’environ 51 ans
la ménopause correspond au moment qui suit 12 mois consécutifs sans règles
la femme n’est plus fertile
Post-ménopause :
la période après la ménopause
la femme n’est plus fertile
Au fil de ces phases, 70 à 80 % des femmes ressentent une diversité de symptômes. Les plus fréquents sont les suivants :
fatigue et troubles du sommeil
sautes d’humeur et irritabilité
pics de stress
troubles de la mémoire et brouillard mental (brain fog)
bouffées de chaleur (vapeurs)
douleurs articulaires et raideurs
sensibilité accrue au stress
ostéoporose ou arthrite
troubles cardiovasculaires comme une hausse du cholestérol, de la tension artérielle et du rythme cardiaque
En raison de certains de ces symptômes, la (péri)ménopause est souvent à tort confondue avec un burn-out ou une dépression. Pas seulement par l’entourage, mais aussi par la principale intéressée. Il n’existe d’ailleurs aucun test permettant de confirmer avec certitude la ménopause, ce qui rend l’interprétation correcte des symptômes d’autant plus difficile.
Un impact au travail plus important qu’on ne le pense
Cet impact concerne un groupe important de personnes. En Belgique, plus de 43 % des travailleuses ont plus de 45 ans ; précisément la tranche d’âge où survient habituellement la (péri)ménopause. Dans certains secteurs, comme les soins de santé et l’enseignement, cette proportion est encore plus élevée. Au total, cela représente un cinquième de la population active belge.
Des études montrent que les symptômes liés à la ménopause peuvent entraîner en moyenne 26 jours d’absence supplémentaires par an. D’autre part, on observe aussi le présentéisme : les femmes viennent travailler, mais fonctionnent moins bien à cause de la fatigue, de problèmes de concentration ou de pics de stress. Et la pire nouvelle, c’est que 1 femme sur 10 change de travail à cause de ces symptômes. Un phénomène bien regrettable, car il fait perdre des connaissances et une expérience précieuses à votre organisation. En outre, les travailleuses plus âgées jouent souvent le rôle de mentor ou de buddy des collègues nouvellement arrivés ou plus jeunes. Elles connaissent très bien l’entreprise et apportent une certaine stabilité aux équipes grâce à leur longue ancienneté.
C’est pour nous la réponse évidente à la question : « pourquoi notre organisation devrait-elle s’en préoccuper ? » 😉 Si vous voulez éviter les arrêts de travail, les coûts liés à l’absentéisme et une baisse de motivation, vous avez tout intérêt à accorder davantage d’attention et de soutien aux femmes en ménopause.
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4 mesures concrètes que vous pouvez prendre en tant que responsable ou RH
1. Informez
La connaissance est la première étape. Informez-vous, même si vous êtes un homme ou une femme dans la fleur de l’âge. L’ignorance participe largement au tabou et le rend très difficile à briser. Si vous savez ce qu’est précisément la (péri)ménopause et quels en sont les symptômes, vous les reconnaîtrez peut-être plus vite et pourrez aborder le sujet plus facilement. Une séance d’information avec un(e) coach spécialisé(e) en ménopause peut déjà dissiper une grande partie du flou qui entoure cette thématique. 😉 Cela vous intéresse ? Contactez-nous sans engagement.
2. Levez le tabou
Parlez-en avec votre personnel et faites savoir qu’un dialogue ouvert est possible. Parfois, les femmes elles-mêmes ne savent pas qu’elles sont en périménopause. Ou elles angoissent en constatant que leur corps réagit soudain autrement que ce à quoi elles ont été habituées toute leur vie. Une oreille attentive, sans préjugés (et bien informée) peut faire toute la différence dans un tel moment. Une travailleuse osera peut-être plus facilement indiquer ce qui l’aiderait réellement, ou exprimer ses inquiétudes concernant son propre fonctionnement. Des études montrent qu’une touche d’humour (respectueux) peut aussi être bénéfique. 😉 Alors écoutez, reconnaissez la situation et faites preuve d’empathie.
3. Réfléchissez activement aux adaptations
Parfois, de petites adaptations pratiques suffisent. Osez envisager :
des horaires flexibles ou variables
des pauses supplémentaires ou des moments de récupération
le télétravail
la régulation de la température : ventilation supplémentaire, vêtements de travail plus légers, possibilité d’ajuster la température d’un bureau ou espace de travail (personnel), un poste de travail près d’une fenêtre ouverte, etc.
la possibilité de se rafraîchir
des adaptations temporaires du contenu des tâches
...
En plus des petites mesures mises en place sur le lieu de travail, un mode de vie globalement sain aide aussi les femmes en ménopause – au même titre que tout le monde en fait. 😉
La pleine conscience, la méditation, le yoga ou les exercices de respiration peuvent apporter un soulagement en cas de stress accru. Une alimentation saine, une hydratation suffisante et l’activité physique contribuent aussi à atténuer certains symptômes.
L’équilibre est en tout cas essentiel. Tout ne fonctionne pas aussi bien pour tout le monde et tout n’est pas possible sur le lieu de travail, compte tenu de la capacité et de la productivité. Maintenez donc le dialogue ouvert et demandez ce qui serait le plus utile. Vous ne savez pas par où commencer ? Faites appel à nos experts Vitality, qui se feront un plaisir de réfléchir avec vous.
4. ntégrez ce thème à votre politique de bien-être
La ménopause s’inscrit dans le cadre plus large du bien-être au travail et de l’employabilité durable. Elle rejoint d’ailleurs parfaitement les objectifs de la « CCT 104 » sur l’employabilité durable. Cette CCT demande aux employeurs de veiller à la faisabilité du travail pour les travailleurs âgés de plus de 45 ans. En tenant aussi compte de la ménopause, vous évitez les arrêts de travail et conservez une expérience précieuse en interne.
Travailler plus longtemps ensemble
La réalité actuelle montre encore trop souvent que les femmes en ménopause ne sont pas suffisamment soutenues ni comprises sur le lieu de travail. Pour permettre à chacun de travailler plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux, vous ne pouvez pas vous permettre d’abandonner ce groupe croissant de travailleuses à son sort. Car investir dans le bien-être de chaque travailleur est incontestablement payant. Faites donc le bon choix. 😉