Quatre entreprises sur dix ne peuvent pas proposer de travail adapté
« Les entreprises peinent à mettre en pratique la législation complexe en matière de réintégration. » Telle est la conclusion de Bart Teuwen, expert en absentéisme, sur la base de la nouvelle enquête bisannuelle sur l’absentéisme menée par Mensura. Ainsi, quatre entreprises sur dix (41 %) indiquent qu’il est (presque) impossible de proposer un travail adapté dans leur organisation. La mise en œuvre d’une politique de réintégration collective – qui définit la manière dont une organisation prévient l’absentéisme et accompagne les travailleurs en incapacité de longue durée vers une reprise du travail – reste également difficile.
Début 2026, les obligations en matière de réintégration ont été renforcées. Ainsi, le potentiel de travail des travailleurs qui sont en incapacité de travail ininterrompue depuis le 1er janvier de cette année doit être évalué. Si le travailleur a encore un potentiel de travail, l’employeur met en place, dans un délai de six mois, un trajet de réintégration. Dans ce cadre, un travail adapté peut éventuellement être proposé.
Les PME peinent à organiser différemment le travail
Mais environ quatre entreprises sur dix (41 %) affirment qu’il n’est pas ou guère possible de proposer un autre travail ou un travail adapté. Cela s’avère particulièrement difficile pour les petites organisations. Ainsi, 44 % des petites PME comptant moins de 10 salariés indiquent que cela n’est (presque) jamais possible au sein de leur organisation. À titre de comparaison : dans les grandes entreprises comptant plus de 500 salariés, ce chiffre tombe à 9 %.
Bart Teuwen : « La Belgique est un pays de PME. Mais les PME disposent de moins de possibilités d’adapter le travail pour un travailleur après une absence de longue durée. Les horaires adaptés sont également difficiles à mettre en place. Pour ces organisations, l’essentiel est de miser avant tout sur la prévention. Et de considérer la voie de la réintégration externe – la reprise du travail chez un autre employeur – comme une solution importante. »
La législation en matière de réintégration est complexe
À peine 12 % des entreprises disposent aujourd’hui d’une politique de réintégration collective formelle. Il ne s’agit là que d’une avancée limitée par rapport à 2024, année où 7 % d’entre elles avaient élaboré une telle politique. Pourtant, une politique de réintégration collective est obligatoire pour toutes les entreprises depuis fin 2022.
« Dans la grande majorité de ces organisations, il n’y a pas de mauvaise intention. Elles indiquent que la multitude d’obligations et de règles est complexe. Elles ont du mal à s’y retrouver. Une entreprise sur cinq déclare ne pas disposer des connaissances nécessaires ou ne pas avoir le temps de s’y consacrer. Cette méconnaissance va bien au-delà de ce qu’impose la loi. Ainsi, de nombreuses entreprises ignorent qu’elles peuvent bénéficier d’une aide financière par le biais du fonds Retour au travail lorsqu’elles accompagnent des travailleurs en incapacité de longue durée dans leur retour sur le marché du travail », explique Bart Teuwen.
« Il est tout à fait justifié que les pouvoirs publics renforcent les obligations en matière de réintégration. Mais malgré toutes les bonnes intentions, en tant que non-spécialiste, on se perd rapidement dans le système actuel. Pour les mesures encore en préparation, j’appelle à réduire le plus possible la charge administrative. L’accent doit être mis sur la prévention, sur les contacts et sur l’impact des mesures. Et non sur la conformité. »
Affinez votre politique en matière de réintégration et de travail adapté
Vous vous sentez un peu perdu face à la législation en matière de réintégration ? Cette FAQ sur les nouvelles règles de réintégration vous permettra de vous mettre rapidement à jour.
L’« élaboration d’une politique de réintégration collective » vous laisse perplexe ? Nous vous aidons à mener à bien et à documenter cet exercice de réflexion utile (et obligatoire).
Proposer un autre travail ou un travail adapté n’est pas toujours facile. Pour identifier les possibilités, notre matrice du travail adapté constitue un outil précieux.
À propos des chiffres
Ces résultats sont issus de la grande enquête sur l’absentéisme menée par le cabinet d’études Indiville pour le compte de Mensura auprès de 503 entreprises. Le questionnaire a été rempli par des personnes responsables ou impliquées, au sein d’entreprises, dans la politique RH, la politique en matière d’absentéisme ou la gestion du personnel. Les données ont été pondérées afin d’être représentatives de la Belgique, par région et par taille d’entreprise.
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Bart Teuwen
Expert en absentéisme
L’absentéisme constitue un problème croissant pour les employeurs et notre système de sécurité sociale. Nourrie par mon expérience en tant que médecin du travail au Pays-Bas, mon ambition d’exercer un impact en matière d’absentéisme en Belgique également n’a cessé de grandir. Pouvoir accompagner les entreprises et les dirigeants dans l’évolution d’une approche durable et positive dans le domaine de l’absentéisme constitue une véritable passion pour moi. Un défi que je relève avec énormément de plaisir.
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