Garder le contact avec un travailleur malade : que dire et quand ?

    Un collaborateur se déclare malade. Vous êtes censé(e) garder le contact dès le premier jour. Mais comment procéder exactement ? Que dire ? Maintenir le contact pendant une maladie (de longue durée) implique parfois de rechercher le juste équilibre entre manifester de l’intérêt et éviter d’exercer trop de pression. Cet équilibre est nécessaire, car ne pas se manifester est déjà en soi une très mauvaise idée. Vous pouvez faciliter le retour ultérieur au travail en maintenant régulièrement et sincèrement le contact avec la personne. Nous allons aborder ici les cinq moments clés de la prise de contact.

    1. Avant la déclaration de maladie

    Vous avez bien lu : tout commence avant même que quelqu’un se fasse porter malade. Établissez une relation de confiance mutuelle avec vos travailleurs en organisant régulièrement des entretiens pour prendre de leurs nouvelles et en vous intéressant à leur bien-être. Vous pourrez ainsi détecter plus rapidement les signes que quelque chose ne va pas et éventuellement intervenir plus tôt. Avant que le travailleur ne tombe en incapacité de travail. 

    2. Au moment de la déclaration de maladie

    Nous recommandons que le signalement de la maladie se fasse directement auprès du responsable. Vous pouvez ainsi immédiatement amorcer un premier entretien. Offrez au travailleur la possibilité de s’exprimer spontanément et posez-lui éventuellement quelques questions ouvertes.

    Comment ?

    • Écoutez attentivement votre travailleur en faisant preuve de compréhension.

    • Ne demandez pas la cause de son absence. Ce n’est en effet pas autorisé. Demandez toutefois si l’absence est liée au travail.

    • Renseignez-vous sur la durée d’absence attendue, au cas où vous ne la connaîtriez pas encore grâce au certificat médical.

    • Demandez si vous pouvez faire quelque chose pour le travailleur.

    ℹ️ Lors du premier contact, convenez immédiatement avec le travailleur des modalités et de la fréquence des contacts. Tout est ainsi clair pour tout le monde et vous évitez que les entretiens subséquents soient perçus comme des contrôles.

    Exemple : « Comment allez-vous/Comment vas-tu ? C’est grave ? Est-ce qu’on peut faire quelque chose pour vous/toi ? »

    3. Pendant la période de maladie

    Il est question de maladie de longue durée à partir de quatre semaines d’absence. En tant qu’employeur, après 8 semaines, vous pouvez faire évaluer le potentiel de travail en vue d’un éventuel retour au travail. Cela ne signifie toutefois pas que vous ne puissiez entreprendre aucune action utile dans l’intervalle.

    De fait, plus l’absence se prolonge, plus la distance avec le lieu de travail se creuse. Gardez donc le contact pendant toute la période d’absence. Une carte de l’équipe peut faire des merveilles, tout comme un petit message ou un coup de fil…  Une possibilité de reprise du travail (partielle) est-elle envisageable ?

    Comment ?

    • Montrez de l’intérêt et faites comprendre à la personne qu’elle manque à l’équipe.

    • Parlez du travail ou demandez-lui ce qu’elle souhaite savoir.

    • Au moment opportun, évoquez les possibilités de reprise (partielle) du travail.

    • Ne limitez pas les échanges à la question d’une éventuelle date de retour : cela pourrait être perçu comme trop intrusif. Votre priorité est, d’abord et avant tout, de maintenir le lien.

    Exemple : « Vous allez/Tu vas déjà un peu mieux ? Vous nous avez/Tu nous as manqué pendant le team building. » « Vous souhaitez/Tu souhaites que je vous/te tienne de temps en temps au courant de ce qui se passe ici ? » « Comment envisagez-vous/envisages-tu le retour au travail ? Est-ce qu’on pourrait vous aider/t’aider avec des adaptations (temporaires) ? »

    Comment conduire des entretiens dans le cadre de l’absentéisme avec professionnalisme et bienveillance

    Un bon entretien représente beaucoup de choses. Dans notre formation « Techniques d’entretien pour une politique d’absentéisme positive », vous apprenez à conduire un entretien lié à l’absentéisme avec professionnalisme et bienveillance. En adoptant la bonne approche, vous instaurez une compréhension mutuelle et avez en outre un impact positif sur la présence, l’employabilité et la réintégration. Des exercices pratiques intensifs et un jeu de rôle professionnel vous permettront d’améliorer vos compétences en matière d’entretien. Cette formation est ouverte mais peut également être organisée en interne.

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    4. Réintégration

    Le travailleur va bientôt reprendre (partiellement) le travail ? Préparez soigneusement cette reprise à l’avance et n’attendez pas le premier jour de travail même. Planifiez d’ores et déjà un contact peu avant la reprise du travail ou au plus tard le jour même. Discutez des tâches convenues, mais aussi de comment le travailleur se sent.

    Préparez également les collègues directs à son retour, si par exemple la répartition des tâches change. Vous éviterez ainsi les malentendus.

    Comment ?

    • Faites preuve d’implication et de valorisation.

    • Demandez au collaborateur qui reprend le travail ce qui pourrait l’aider à se sentir rapidement de nouveau à l’aise.

    Exemple : « Vous vous sentez/Tu te sens mieux ? Ravie(e) que tu sois de retour ! Comment est-ce qu’on peut vous aider/t’aider ? »

    ℹ️ Le travail adapté ou l’adaptation des tâches dans le cadre d’une reprise (partielle) du travail sont souvent discutés au préalable avec le médecin du travail. Mensura peut vous aider au moyen d’une matrice du travail adapté ou au travers du trajet de réintégration complet.

    5. Après le retour

    Le premier jour de travail n’est pas le point final d’une réintégration mais son début. Après une absence prolongée, il peut assurément falloir un peu de temps avant que la personne retrouve son rythme. Assurer un suivi régulier pendant cette période également permet d’éviter que le collaborateur ne retombe en incapacité de travail.

    Organisez donc régulièrement des entretiens de suivi.

    Comment ?

    • Demandez régulièrement comment se sont passés le premier jour, la première semaine ou la première réunion. Posez une question ouverte à cet égard.

    • Demandez si le rythme de la reprise du travail convient. Trop souvent, les travailleurs n’osent pas signaler que cela va quand même trop vite.

    Exemple : « Comment s’est passée votre/ta première semaine ? » « Quel est votre/ton avis sur ce qui avait été convenu ? Devons-nous changer quelque chose ? »

    Un bon contact commence avant la maladie

    Un bon contact avec vos travailleurs est toujours important. Vous pouvez ainsi déjà détecter les éventuels problèmes au préalable et intervenir plus tôt. Et le contact après la maladie se déroule alors de manière fluide et sincère.

    Veillez à ce que votre organisation fonctionne selon des conventions et des directives claires : qui prend contact, à quelle fréquence approximative et par quel canal ? Consignez ces conventions dans votre politique en matière d’absentéisme. Le suivi pratique de votre politique en matière d’absentéisme et des entretiens, ainsi que les actions à accomplir pour chaque responsable : gérez tout cela grâce à un logiciel de gestion de l’absentéisme.

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